Il est utile de donner une définition claire de ce que l’on entend par les différents concepts.
- LES SONDAGES D’OPINION sont des sondages qui veulent dresser la carte de l’opinion publique. Plus spécifiquement, il est ici question des opinions et attitudes de la population à l’égard de sujets politiques, sociaux et autres. L’enquête d’opinion est considérée comme une partie du vaste terrain de recherche de l’étude de marché et sociale. Elle est réalisée selon les mêmes critères professionnels et éthiques qu’une autre étude. Mais elle traite de thèmes généralement plus sensibles que les études de marché commerciales. Il y a davantage d’intérêt pour les résultats. Ils sont plus largement publiés et analysés dans les medias. Parfois ces résultats sont aussi présentés d’une manière provocante ou même tendancieuse. Ce document vise cependant à donner des directives uniquement pour les types de sondages d’opinion qui suivent et principalement les sondages d’intention de vote
- LES MESURES D’INTENTION DE VOTE sont un exemple de ce genre de sondages d’opinion qui ont pour but principal de faire un sondage du comportement de vote du public. La majorité des mesures ont pour seule ambition de faire un relevé instantané. Elles mesurent quelle est la préférence de l’électeur au moment ou il/elle est interrogé/e, pas ce qu’il va faire le jour même de l’élection.
- LES PRÉVISIONS sont des mesures d’intention de vote qui ont pour but déclaré d’estimer le résultat les élections à venir. Parfois elles sont limitées à de simples répartition en pourcentage des scores des partis. Mais elles peuvent aussi essayer de prévoir de manière assez détaillée les préférences pour les candidats, ou même la répartition des sièges. De telles études sont rares (en Belgique) et sont le plus catégoriquement déconseillées par Febelmar à cause de divers facteurs convergents: le taux plutôt élevé de refus de participer, le groupe toujours plus important de décideurs tardifs, la complexité de notre système électoral, le manque d’expérience des bureaux d’études.
- LES EXIT-POLLS sont des sondages qui sont réalisés le jour même de l’élection.
Les répondants sont contactés/sélectionnés après qu’ils aient déposé leur vote et sont interrogés sur leur comportement de vote et dans certains cas sur leurs motivations, comportement de vote antérieur, etc. Il est indiqué d’établir la même distinction qu’en ce qui concerne les sondages (voir ci-dessus), à savoir exit-polls avec ou sans caractère prévisionnel.
Les exit-polls avec caractère prévisionnel ont pour but de prévoir le résultat des élections rapidement, donc avant la publication des résultats officiels.
Ils se pratiquent le plus souvent en collaboration étroite avec les medias (surtout la TV) et doivent être situés dans la rude lutte pour l’audimat. De semblables exit-polls sont très courants en Europe de l’Ouest, mais sont déconseillées en Belgique par Febelmar. Les arguments pour cela sont convergents: le taux plutôt élevé de refus de participer, la complexité du système électoral, le manque d’expérience des bureaux d’études et des scientifiques de la politique, le manque d’études scientifiques locales et surtout les moyens financiers (généralement) très limités qui sont disponibles pour cela. Suite à l’utilisation croissante de l’ordinateur pour le vote, la demande pour de telles études diminuera très vraisemblablement.
Les exit-polls sans caractère prévisionnel, par exemple pour mesurer les glissements dans le comportement de vote ont déjà prouvé dans le passé qu’ils fournissaient des informations fiables. Ils sont globalement plus limités en organisation et exigent donc moins de moyens aussi bien en ce qui concerne le nombre d’observations que la technicité.